Le piano, une histoire d’émotions

Je fais du piano depuis toujours. J’y touchais même avant de savoir marcher ou parler (bon, je triche un peu, je pianotais juste avec mes petites mains de bébé), j’ai toujours baigné dans cet univers. Ma maman est professeur de piano, alors je pense que c’est tout naturellement que je me suis tournée vers cet instrument plus qu’un autre. J’ai eu plusieurs phases avec le piano ; entre les je t’aime moi non plus ou les fuis-moi je te suis, j’ai grandi avec toute ma vie et il m’a accompagné dans chaque moment important. Oui, on a l’impression que je parle de mon piano comme d’une personne mais à certains moments, il était plus présent que n’importe qui. Lorsque je joue, je me confie et me livre entièrement, il n’y a plus aucun secret.

Lorsque j’étais enfant, je me souviens que je préférais de loin discuter avec mes copines de cours plutôt que de jouer. En grandissant, je refusais d’apprendre le solfège correctement, improvisant et bâclant mes cours et il m’arrivait souvent de délaisser le piano, jouant le strict minimum histoire de ne pas arriver en cours sans réussir à jouer une seule note.
Arrivée à l’adolescence, le piano a été une révélation pour moi. C’est à ce moment-là que le lien s’est tissé et que j’ai su que c’était mon instrument et qu’aucun autre n’aurait cette place-là (et ce n’est pas faute d’avoir essayé quelques instruments depuis). A cette époque-là, j’avais même récupéré le piano numérique de ma maman pour le mettre dans ma chambre, pour pouvoir jouer plus et être dans mon cocon.
Puis j’ai quitté le domicile familial à vingt ans, six mois sans piano et j’ai craqué : je me suis offert mon Yamaha. J’ai joué pas mal dessus au début, allant jusqu’à créer ma chaine YouTube. J’y ai partagé mes morceaux coup de cœur, ceux que j’adorais jouer et ceux qui me faisaient vibrer. Puis nous avons déménagé l’année dernière, j’ai trouvé du boulot, signé mon CDI et mon piano est resté de côté. J’y touche à peine une fois tous les deux mois mais ça me manque terriblement alors je compte bien rattraper le temps perdu en 2018 et retrouver ce lien qui m’est si cher. Pourquoi pas même, partager  à nouveau avec vous.

Je considère un peu le piano comme un confident. Il a connu mes joies et mes peines, mes moments difficiles et mes victoires. C’est d’ailleurs dans ces moments-là que je joue le mieux, quand je suis au bout de moi-même, que ce soit positivement ou négativement. Je suis une personne très entière et c’est souvent tout ou rien avec moi, et je crois que ça fonctionne un peu comme ça avec le piano et ma façon de jouer. Parfois c’est ce qui me fait peur quand j’ai envie de reprendre, aller dans une extrémité pour sortir les plus belles émotions mais ne pas réussir à revenir ‘à la normale’ dans le moment qui suit. C’est un travail constant mais je compte bien trouver l’équilibre pour vous communiquer les plus belles émotions que je connaisse et être bien dans ma peau après l’effort.

J’ai trois gros souvenirs avec le piano, des souvenirs qui m’ont marqué, qui m’ont fait grandir et qui m’ont apporté la reconnaissance que je cherchais tant à acquérir.
La première fois, j’étais au collège. La prof de musique a su que j’étais pianiste et m’a proposé de jouer un morceau devant toute la classe. Je ne sais pas vraiment pourquoi j’ai accepté, à l’époque j’étais assez timide, réservée. Peut-être que justement, je voulais montrer la vraie moi et ne plus être invisible aux yeux des autres. J’ai joué Titanic et quand on est sorti du cours : les filles populaires me proposaient de manger à leur table le midi, mon crush de l’époque m’adressait la parole pour la première fois et j’ai eu des compliments auxquels je ne m’attendais pas.
La deuxième fois, j’avais dix-sept ans et je faisais partie de l’orchestre de ma ville. Nous avions un concert à Nantes et j’ai joué un morceau toute seule devant beaucoup, beaucoup de personnes. C’est sans doute ma plus grande fierté, d’avoir réussi à jouer malgré le trac et la pression que je m’étais mise. Lorsque nous sommes rentrés le soir, j’ai explosé ma joie à la maison mais tout le monde n’a pas partagé mon plaisir. Pour une fois, ce jour-là, même si la non-réaction m’a beaucoup touché, ça n’a pas brisé mon bonheur parce que c’était la toute première fois où j’étais vraiment fière de moi et de ce que je venais d’accomplir.
Et enfin la troisième fois, c’était il y a tout juste deux ans, lorsque j’ai lancé ma chaîne YouTube. Elle a été si bien reçue et j’ai eu de si jolis compliments que c’est grâce à ça que je me suis lancée dans ce monde-là, que j’ai commencé mon blog et que je m’épanouis aujourd’hui.

Sortir de sa zone de comfort est difficile, mais lorsqu’on y parvient, c’est la plus belle chose qui soit.

Sans titre

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4 commentaires sur « Le piano, une histoire d’émotions »

  1. Tu étais douée et je trouvais tellement dommage que tu ne travailles pas.assez ! Mais tu t’es rattrapée.. et je suis heureuse d’avoir consacré toutes ces années à ton apprentissage, heureuse qu’il soit un compagnon pour la vie ☺

    Aimé par 1 personne

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