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Manger pour vivre…

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… ou vivre pour manger?

Bonjour

Aujourd’hui je vous retrouve pour un article assez spécial et très personnel. Je vais vous parler d’une partie de moi que peu de gens connaissent. J’appréhende un peu les réactions qu’il pourra apporter mais je le fais avant tout pour moi, pour marquer cet « anniversaire » et pour apporter une lumière sur cette maladie mal connue.

Il y a cinq ans tout juste, j’ai eu des problèmes de santé que j’ai déjà évoqués ici sans jamais me montrer trop précise. Et pour marquer les cinq ans j’ai décidé d’en parler. Pour moi et pour ceux qui traversent ça, pour leur montrer qu’on peut s’en sortir, qu’on peut vivre avec.

Depuis mes 13 ans, ça a toujours été compliqué. Je ne gérais pas toujours mon stress de la meilleure des façons. En grandissant, des problèmes familiaux et personnels se sont rajoutés puis vers mes 16/17 ans, j’ai basculé. J’ai arrêté de manger parce qu’avec l’angoisse de tout ce qui se passait, mon estomac ne gardait plus rien. J’ai perdu beaucoup de poids en peu de temps mais je me disais que je gérais, que je contrôlais ma perte de poids. J’ai compris plus tard qu’en fait, je ne contrôlais rien du tout parce que je n’avais pas vraiment envie de changer de mode de vie. J’avais envie de montrer à certaines personnes que j’étais là et que ça n’allait pas. Un peu avant mes 18 ans j’ai atteint l’apogée, le presque point de non-retour. Ma psychiatre m’a alors diagnostiqué anorexique et m’a averti que si je continuais comme ça, j’allais finir à l’hôpital. J’ai persisté quelques semaines encore et puis j’ai fini par comprendre que c’était ma vie que je foutais en l’air et non pas celle des autres. J’étais également boulimique ; le plus souvent ces deux maladies sont associées et c’était mon cas. Parce que lorsqu’on essaie de reprendre du poids (je précise : dans mon cas, tout le monde réagit différemment), ça ne se fait malheureusement pas d’un claquement de doigts. Dans ma tête c’était très compliqué. Ça faisait des années que je ne me regardais plus dans un miroir, ne supportant plus de voir mes vergetures, mes cicatrices et mes os. Sauf que quand je sentais que je reprenais du poids, je paniquais et je me faisais vomir. Mais en même temps, je mangeais beaucoup par peur de reperdre et du coup je culpabilisais et je me faisais à nouveau vomir pour compenser. Et ainsi de suite. C’était un cercle vicieux.

Mais j’ai fini par m’en sortir. J’ai trouvé un rythme, j’ai trouvé des personnes qui m’ont encouragé et soutenu et surtout j’ai trouvé la force en moi de contrôler la maladie. Parce qu’il faut savoir qu’on ne guérit jamais vraiment des troubles du comportement alimentaire. On apprend juste à vivre avec. Mais c’est tout à fait possible. En période de stress je reperds toujours du poids, mais j’arrive à le regagner derrière (souvent sous une forme de boulimie : peur de manquer et de trop perdre donc je mange beaucoup mais je ne me fais plus vomir depuis cinq ans).

C’est une immense victoire pour moi ces cinq années. A l’époque je ne pensais pas tenir autant honnêtement. On a l’impression qu’on n’en sortira jamais, qu’on bataillera toujours. Sur les cinq dernières années, je n’ai fais que trois rechutes ; la première a duré pratiquement six mois et les deux suivantes ont duré en moyenne un mois chacune. Derrière a suivi une période de boulimie pour essayer de reprendre le poids que j’avais perdu. Depuis le temps, j’ai accepté les rechutes, j’ai accepté le fait que je devrais vivre avec toute ma vie. Au début je pensais vous donner une idée de ce que ça représentait en vous parlant de mes kilos mais après réflexion, j’ai décidé que ces chiffres n’appartenaient qu’à moi. Sûrement pour ne pas choquer ma famille ou mes amis qui pourraient lire cet article.

La guérison est un long processus. Beaucoup de personnes ne comprennent pas cette maladie, c’est facile de se prendre des réflexions aux repas de famille (« tu vas perdre un os » ou « tu fais un régime ») par exemple. Ou même des amis ou des connaissances qui ne sont pas au courant et pas forcément délicats. Il y a aussi ceux qui savent mais qui pensent que c’est facile de se contrôler ou qui ne comprennent pas pourquoi tu ne veux plus aller à la piscine ou à la plage avec eux. Mais heureusement, il y a aussi des personnes qui seront là pour vous et qui ne vous lâcheront pas jusqu’à ce que vous alliez mieux. J’ai eu cette chance et je les remercie.

Voilà pour mon petit moment confession. J’assume entièrement, c’est mon passé, ça fera toujours parti de moi. Si vous avez des questions n’hésitez pas, si j’en parle ici c’est que je suis à l’aise avec ce sujet à présent. Désolée pour ceux qui l’apprennent ici ou ceux que j’ai pu choquer mais je vais très bien et c’est ce qui compte. Si j’en parle aujourd’hui c’est pour aider ceux qui peuvent être concernés et faire connaître un peu plus cette maladie.

Je suis fière du chemin parcouru ces cinq dernières années et je suis fière de pouvoir vous en parler aujourd’hui et peut-être aider d’autres personnes.

Merci à ceux qui comprendront et qui sont là ❤

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11 commentaires sur “Manger pour vivre…

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